Mais qu’est ce que c’est que cette musique de merde ?

BOB

Aujourd’hui Robert Nesta Marley, dit Bob, aurait eu 70 ans… Vous vous en tapez un peu et franchement vous n’avez pas tort. Sauf que pour moi c’est une sorte de malédiction, une punition, comme s’il devait toujours me hanter, me titiller et ce bien qu’il soit mort depuis plus de 30 ans. Tout comme vous je m’en tapais copieusement et puis hier sur Facebook une amie poste un truc à ce sujet, je me dis « tiens ? » et puis j’oublie… Ce matin : BIM ! Dès potron minet la radio m’en remet une couche signalant l’évènement  et décortiquant la genèse d’Is this Love… Même s’il y’a fort longtemps que je ne crois plus que la radio et la télé me parle directement à moi et rien qu’à moi, je ne peux plus faire semblant d’ignorer le message. Bob se rappelle à mon bon souvenir, c’est clair. L’enfoiré ! Car il faut vous dire que lui et moi avons un vieux passif. Du genre de ceux qui font que quand tu croises son regard sur une affiche ou au détour d’une liste d’iTunes tu ne peux t’empêcher de lui décocher un petit coup de menton péremptoire genre « t’approche pas ou j’te crève, charogne ». Ce type m’a pourri mon enfance, voilà c’est dit !

Mes parents, enfin surtout mon beau-père, étaient des inconditionnels, des groupies. On fait un barbecue dans le jardin ? T’écoutes du Bob pendant quatre plombes ! On part à l’aventure dans la 104 (oui c’était une caisse avant d’être un centre culturel) ? Tu te tapes la face A et la Face B d’une cassette pirate d’un concert merdique et au son dégueulasse ! On annonce la mort du roi du reggae ? Tu bouffes de l’intégral pendant deux semaines… T’en peux plus du Bob, tu le conchie  le rasta . D’autant qu’avec des parents comme étaient les miens les soirées sont longues, bruyantes, souvent enfumées et rarement à moins de 13° . Du coup quand ils calent un Bob sur la platine à 23h ben tu sais que la nuit va être longue, tu t’enfouies bien sous la couette et tu essayes de te concentrer sur le tic-tac de ton réveil Mickey pour oublier les basses qui traitreusement grouillent partout dans ta chambre.  Tu connais par cœur l’enchainement des morceaux, la moindre intro, le plus petit son d’orgue Hammond et tu hais l’ensemble. D’autant que Bob n’hantait pas seul notre trois pièces du 18e : ses potes Peter tosh, Steel Pulse, Jimmy cliff, Gladiators, U-Roy et autres Lee Perry se donnaient la main pour venir me gâter l’oreille interne. C’est simple au delà de Bob et des Wailers c’est l’ensemble du reggae que j’abhorrais. Même la victoire de Noah avec ses dreads à la con et ses bracelets vert/jaune/rouge (quand tu mélanges ça fait du marron-caca…)  m’a fichu en rogne, pour vous dire… Ça m’a poursuivi jusqu’à l’école, à l’époque la cour de récrée de l’élementaire de la rue Lepic avait trois héros : Rocheteau, Bruce Lee… et Bob. Moi qui n’aimais déjà ni le foot ni le kung fu, je ne me suis pas fait que des copains.

Et puis j’ai grandi, un peu.

Heureusement, grâce à l’éclectisme (l’inconstance?) de ma mère la maison ne résonnait pas non plus qu’aux rythmes entêtants et à contretemps de cette musique de sauvages. Talking Heads, Iggy, Lou, Pretenders et Bowie tenaient souvent les chevelus jamaïcains à distance et c’est, abreuvé de ce joyeux mélange, qu’en pleine pré-adolescence mes oreilles se sont tendus vers le Punk et ses affidés. Tendus est un peu faible, elles s’y sont ruées oui ! Avec la complicité des mes tontons, cousins, et de Chorus (je vous avait dit que nous en reparlerions…), elles n’aspiraient qu’à quitter les sons doucereux et ensoleillés des îles pour la crasse, la violence et la noirceur des ruelles de Camden. Au début tout allait bien, naviguant entre les Pistols, les Bérus, Cure et Métal Urbain je ne pris pas garde au tour de cochon que me réservait Jah. Car oui, parmi mes nouveaux héros se cachaient des traitres, des fourbes perfides qui, non contents de jouer avec les sons honnis des fumeurs de splifs, essayaient même carrément de me renvoyer dans leurs bras. Grand consommateur de Clash (the only band that matters) je n’ignorais évidemment pas que la basse de Paul Simonon avait un bel accent jamaïcain mais j’y voyais plus une perversion punk qu’un hommage. Et puis au soir au New-Moon entre deux concerts la vérité me donna une bonne petite claque derrière la tête alors que la sono diffusait ça :

Ricanant niaisement je demande à la ronde qui avait bien pu oser faire une reprise reggae d’un morceau des Clash, qui, hein qui ? Lorsque l’on me répondit que c’était l’original (pov’ naze) tout s’éclaira… il y avait donc une filiation entre les deux, les chevelus et les créteux étaient potes ! En même temps ça expliquait des bizarrerie comme celle là :

ou encore celle là :

Bon ok, mes vieux n’avaient peut-être pas tout à fait tort après tout et il a  bien fallu que je m’y fasse. Et je m’y fit tant et si bien que mes docs se soulevèrent bientôt et pour très longtemps au rythme de morceaux comme celui-là  :

 

Pars la suite j’ai effectivement découvert des trucs que j’aime vraiment dans le reggae et c’est bien dommage que je ne puisse plus en parler avec mes parents ça leur aurait fait bien plaisir. Genre ça :

ou ça :

Pour en revenir à Mr Marley on ne peut pas dire que je l’ai jamais porté dans mon cœur. J’ai traversé les années essayant de ne tuer aucun pote qui en fin de soirée nous gonflait avec Kaya ou Stir it up . J’ai même arrêté de jeter des trucs aux touristes qui beuglent No woman no cry sur les marches de Montmartre. Bob pour moi c’est un peu comme un vieux tonton pénible qui te prend la tête dès que tu le vois mais que t’aime bien un peu au fond quand même…

Allez Bob sans rancune, je ne suis plus fâché, bon anniversaire et si tu croises les vieux fumez un truc à ma santé !

 

its a punky reggae party
and its tonight
its a punky reggae party
and its alright

what did you say?

rejected by society
treated with impunity
protected by my dignity
i search for reality

new wave, new craze
new wave, new wave, new phrase

im sayin
the Wailers will be there
the Damned, the Jam, the Clash 
Maytals will be there
Dr. Feelgood too

PS : moi ce que j’aime depuis toujours dans les internets c’est l’hypertext alors j’en colle tout plein…

ouverture des hostilités

Maintenant que le boss vous à brossé le tableau , on va pouvoir passer aux choses sérieuses et vous montrer un peu ce que vous retrouverez ici si vous passez de temps en temps. Alors d’abord un un groupe qui me donne toujours envie de sauter partout comme un fou-fou (de Hong Kong ou pas…) et qui par un hasard absolu et non réfléchi a accompagné la mise en place de ce blog de bout en bout.

On va commencer par du soft parce-que Devo, oui c’est d’eux  qu’il s’agit, a été capable de bien plus barré que cela. Je m’attire souvent de drôles de regards quand je passe ce morceau en soirée, c’est pourtant très accessible et franchement bien meilleur que l’originale. Cette version-ci est celle de Chorus l’excellente émission de la fin des années 70 présentée par le non moins excellent Antoine de Caunes. Chorus et de Caunes furent d’une rare importance dans mon existence mais j’aurais l’occasion de vous en reparler plus longuement sous peu…

 

 

Bienvenue

287

Et voilà on y est… Il m’aura fallu près de 20 ans de cohabitation avec le réseau pour enfin me décider  à y participer. 20 ans que je parcoure et que je regarde le monde derrière un écran le laissant m’abreuver de chatons, de commentaires puants et de vidéos improbables. Et puis là d’un coup je ne sais ce qu’il me prend, comme une envie de réagir, de ne pas laisser les uns penser tout fort ce que je dis tout bas, de ne pas laisser les autres impunément amocher ce et ceux que j’aime avec leur vision dégueulasse du monde.

Partant du principe que ce n’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule je me suis enfin décidé à écrire ce que j’ai sur le cœur et à m’exhiber plus que de raison moi qui  déteste ça. J’ai, pour adoucir cette mise à nue, convoqué AbHoc et AbHac pour signer mes humeurs. Personnalité bicéphale comme l’était Hermès, le messager héros de mon enfance, AbHoc et AbHac ont des visions parfois contradictoires du monde. L’un aime le bruit et la fureur quand l’autre n’aspire qu’au calme et à la paresse, le second rêve de changement drastique de vie quand le premier à les deux pieds solidement ancrés au sol… à moins que ce soit le contraire moi même je m’y perd. Quoi qu’il en soit ce sera donc un blog schizophrène dans lequel vous partagerez la vie trépidante d’AbHoc et AbHac hérauts de ma pensée, conteurs d’histoires, gardiens de ma mémoire et donneurs de leçons.

Vous trouverez également ici quantité d’images et de sons sous toutes leurs formes, j’en suis empli et les deux Ab., j’en suis sûr, sauront vous en présenter le meilleur et le pire.

Bienvenue à vous donc et ne prenez surtout pas le titre de ce journal pour un avertissement, ce n’est que ma devise.